Introduction
Sur un mariage à 20 000 euros, le traiteur en avale souvent 7 000 à 8 000. Parfois plus. C'est, de très loin, le premier poste de dépense de la journée, devant le lieu, devant la robe, devant le photographe. Et pourtant, c'est aussi celui qu'on compare le plus mal.
La raison est simple : deux devis peuvent afficher « 85 € par personne » et se solder, six mois plus tard, par une facture qui varie de 4 000 euros. Sans que personne n'ait triché. Juste parce que l'un incluait le personnel, la vaisselle et le vin d'honneur, et que l'autre facturait tout cela en lignes séparées, plus bas, en petits caractères.
Alors comment lire un devis de traiteur ? Comment savoir si le prix annoncé est le prix final ? Voici une grille de 8 critères pour remettre chaque proposition sur la même ligne de départ, poser les bonnes questions au bon moment, et signer sans avoir la boule au ventre trois semaines avant le jour J.
Pourquoi les devis de traiteurs sont si difficiles à comparer
Ce n'est pas de la mauvaise foi. Enfin, pas toujours. C'est structurel.
Premier point : il n'existe aucun format normalisé. Chaque professionnel construit son devis à sa façon, avec sa logique interne, ses habitudes de présentation, son vocabulaire maison. Certains détaillent quinze lignes, d'autres en proposent trois. Aucun n'est obligé de suivre un modèle commun, contrairement à ce qui existe dans le bâtiment par exemple.
Deuxième point : la logique du prix par personne écrase les frais fixes. Le déplacement du camion, la location d'une cuisine mobile, la plonge, le nappage : tout cela coûte à peu près la même chose que vous soyez 80 ou 130. Mais présenté « par tête », ça devient invisible. Et ça pénalise mécaniquement les petits mariages.
Troisième point, le plus sournois : les prestations dites « en option » sont souvent présentées d'une façon qui laisse croire qu'elles sont comprises. Un joli visuel de pièce montée dans la plaquette, une mention du brunch du lendemain dans le paragraphe de présentation, et le futur marié coche mentalement la case. Le devis, lui, ne mentionne rien.
D'où l'idée directrice de ce guide : arrêter de regarder le prix affiché, et raisonner en coût complet par convive. C'est-à-dire le total réellement payé, divisé par le nombre d'invités. Rien d'autre.
Le piège du prix par personne
Un tarif à 95 € par personne peut recouvrir des réalités très différentes. Chez le prestataire A : vin d'honneur avec 8 pièces, entrée, plat, fromage, dessert, pièce montée, boissons du dîner, personnel de service jusqu'à 2 h et vaisselle complète. Chez le prestataire B, au même prix : entrée, plat, dessert. Point.
Le vin d'honneur ? 18 € de plus. La pièce montée ? Facturée à part, entre 5 et 9 € par personne selon le modèle. Le personnel ? Une ligne « forfait service » de 1 400 €. La vaisselle ? Louée. Les boissons ? Non fournies, mais droit de bouchon à 6 € par bouteille.
Refaites le calcul : le prestataire B se retrouve à 135 € par tête. On est passé d'un écart nul à un écart de 40 %.
La méthode : ramener chaque devis à une base commune
La technique est un peu fastidieuse, mais elle ne prend qu'une soirée et elle change tout. Ouvrez un tableur. Une colonne par prestataire, et surtout : les mêmes hypothèses partout.
Même nombre d'invités, adultes et enfants séparés. Même durée de prestation, de l'arrivée du camion jusqu'au départ des serveurs. Même contenu : si un traiteur propose le fromage et l'autre non, ajoutez la ligne fromage chez le second en lui demandant son tarif. Même chose pour le personnel, les boissons, le matériel.
Ensuite seulement, faites la division. Le classement se retourne dans à peu près un cas sur deux. C'est presque une règle.
Critère 1 : le périmètre exact de la prestation
Tout doit figurer noir sur blanc. Pas « vin d'honneur », mais « vin d'honneur, 10 pièces salées par personne, dont 4 chaudes, service 1 h 30 ». Pas « dessert », mais « pièce montée choux caramel, 3 choux par personne, présentation sur socle fourni ».
Cette précision n'est pas de la paperasse. C'est ce qui vous protège le jour où le nombre de petits fours servis vous semble un peu léger et que vous n'avez rien pour argumenter.
Attention particulière à la formule « cocktail dînatoire », qui est probablement l'expression la plus élastique du secteur. Elle peut désigner 12 pièces par personne, ce qui donne des invités affamés à 22 h, ou 22 pièces, ce qui constitue un vrai repas. Le prix double entre les deux. Et le mot est le même.
Le brunch du lendemain relève de la même vigilance : est-il chiffré, sur quelle base d'effectif, avec quel personnel, et à quelle heure les serveurs partent-ils ?
Les questions à poser au prestataire
- Combien de pièces par personne au vin d'honneur, et quelle proportion de chaudes ?
- Le fromage est-il inclus, et sous quelle forme (plateau, assiette servie, buffet) ?
- La pièce montée ou le dessert de mariage est-il compris dans le prix affiché ?
- Le pain, le beurre, le café et les mignardises sont-ils comptés ?
- Que se passe-t-il s'il reste des plats : peut-on les récupérer ?
- Quelle est la durée exacte couverte par le tarif, en heures, du montage au démontage ?
- Le brunch du lendemain fait-il l'objet d'un devis distinct ?
Posez-les par écrit, par mail. La réponse écrite vaut engagement, la réponse au téléphone ne vaut rien.
Critère 2 : la formule de service et son impact sur le budget
On choisit souvent sa formule sur des critères esthétiques ou d'ambiance. C'est légitime. Mais chaque formule embarque une structure de coûts très différente, et ça mérite d'être su avant de trancher.
Le service à l'assiette reste la référence des mariages classiques. Dressage en cuisine, présentation soignée, portions maîtrisées donc moins de gaspillage. En contrepartie, il exige beaucoup de personnel et impose un rythme : trois services successifs pour 120 personnes, cela occupe la salle pendant trois bonnes heures.
Le buffet passe pour l'option économique. C'est vrai sur le personnel de salle, faux sur les quantités : il faut prévoir 20 à 30 % de volume en plus, parce que les gens se servent généreusement et que les plats doivent rester présentables jusqu'au dernier passage. L'économie réelle est donc plus mince qu'annoncée. Elle existe, mais elle est mince.
Le cocktail debout, éventuellement prolongé en dînatoire, permet une soirée plus fluide, plus de circulation, moins de plan de table à négocier. Il convient mal aux mariages avec beaucoup de personnes âgées, qui ont besoin de s'asseoir, et il exige un nombre de pièces suffisant.
Les food trucks ont la cote et donnent une image décontractée réussie. Mais comptez le temps d'attente : un camion sert environ 60 à 80 couverts à l'heure. À 150 invités, il en faut deux, sinon la queue devient un sujet de conversation à elle seule.
Le service à la française, plats posés au centre des tables, revient à la mode. Convivial, chaleureux, moins de personnel. Il demande en revanche des tables adaptées et une vraie maîtrise des portions.
Critère 3 : le personnel de service
Voilà le critère que presque personne ne regarde et qui, dans la pratique, explique une bonne partie des écarts entre deux devis.
Les ratios de référence sont connus : un serveur pour 15 à 20 convives en service à l'assiette, un pour 25 à 30 en buffet, un peu plus en cocktail selon la densité de pièces. Un devis qui propose 4 serveurs pour 120 invités en service à l'assiette n'est pas moins cher. Il est sous-dimensionné. Le jour J, cela se traduit par des plats servis en décalé, des tables qui attendent, des assiettes tièdes.
Deuxième point : la durée de mise à disposition. « Personnel jusqu'à 1 h » et « personnel jusqu'à 3 h », ce n'est pas la même prestation, et surtout pas la même facture. Vérifiez à partir de quand la mise en place est comptée, et jusqu'où va la fin de service.
Troisième point : la présence d'un maître d'hôtel référent. C'est la personne qui coordonne, qui gère les imprévus, qui vient vous voir discrètement pour valider le lancement du dessert et de la première danse. Sans elle, c'est souvent le témoin ou la mère de la mariée qui fait le travail. Ce n'est pas ce qu'on leur souhaite.
Dans chaque devis, isolez cette ligne « personnel ». Notez le nombre de personnes, leurs horaires, leur coût. Puis comparez. Les surprises sont fréquentes.
Heures supplémentaires et fin de soirée
La fin de soirée, c'est là que ça dérape. Beaucoup de contrats prévoient un service jusqu'à minuit ou 1 h, avec facturation des heures supplémentaires au-delà. Comptez généralement entre 35 et 60 € de l'heure et par serveur, parfois majorés après 2 h.
Trois choses à verrouiller : le seuil de déclenchement (à quelle heure exactement), le mode de calcul (par heure entamée ou par tranche de 30 minutes), et l'existence éventuelle d'un forfait de nuit plus avantageux. Sur une soirée qui se termine à 4 h avec 6 serveurs, l'écart entre un bon et un mauvais contrat dépasse facilement les 800 €.
Et pensez à la question toute bête : qui débarrasse, qui range la salle, et à quelle heure ? Certains lieux imposent une restitution nettoyée à 8 h du matin. Si le traiteur part à 2 h, devinez qui balaye.
Critère 4 : les boissons et la question du droit de bouchon
Trois modèles coexistent, et le choix n'est pas seulement financier.
Boissons fournies par le traiteur. Simple, sans logistique, sans stockage. Le prestataire gère les quantités, la mise au frais, le service. En revanche la marge appliquée sur les bouteilles est souvent confortable, entre 2,5 et 3,5 fois le prix d'achat.
Apport personnel avec droit de bouchon. Vous achetez vos vins, chez un vigneron, en foire, en salon. Le traiteur facture un droit de bouchon pour le service, le stockage, le rafraîchissement, la verrerie et la casse. Comptez 4 à 12 € par bouteille selon les régions et le standing.
Faites le calcul avant de vous réjouir. Un vin acheté 7 € avec un droit de bouchon à 9 € revient à 16 € la bouteille. Si le traiteur proposait une cuvée correcte à 18 €, l'économie fond, et vous avez porté les cartons. Le calcul devient franchement intéressant à partir du moment où vous partez sur des bouteilles à 12-15 €, ou si vous avez un accès privilégié à un domaine.
Formule mixte, enfin : champagne du vin d'honneur apporté par vos soins, reste fourni par le traiteur. Souvent le meilleur compromis, parce que c'est sur le champagne que l'écart de marge est le plus fort.
Quelques points à ne pas oublier. L'open bar est-il compris ou facturé au forfait, et sur quelle plage horaire ? Y a-t-il une limitation en nombre de bouteilles, avec facturation au-delà ? Les bouteilles non ouvertes sont-elles reprises, et à quel prix ? Cette dernière question paraît anecdotique. Sur 20 bouteilles de champagne non consommées, elle ne l'est plus du tout.
Critère 5 : le matériel, la logistique et les frais annexes
C'est la zone grise par excellence. Chaque ligne semble mineure, l'addition ne l'est pas.
Passez en revue : vaisselle et verrerie (incluses, louées, avec ou sans casse), nappage et serviettes en tissu, mobilier de réception, tables hautes du cocktail, tente ou barnum en cas de repli météo, cuisine mobile si le lieu n'en a pas, plonge, évacuation des déchets, frais de déplacement au-delà d'un certain rayon.
Sur les déplacements, la règle habituelle : gratuit jusqu'à 30 ou 50 km, puis facturation au kilomètre, parfois multipliée par le nombre d'allers-retours (livraison, service, récupération du matériel le lendemain). Un lieu à 80 km peut ajouter 400 € sans que ce soit abusif, simplement parce que le camion fait la route quatre fois.
Autre poste régulièrement oublié : les déchets. Certaines communes interdisent le dépôt en benne collective, certains domaines exigent une évacuation complète. Si ce n'est ni au traiteur ni au lieu, c'est à vous. Le dimanche matin, en tenue de brunch.
Le cas des lieux de réception « nus »
Une grange restaurée, un domaine viticole, un parc privé : c'est magnifique en photo, et cela génère un surcoût réel de 1 500 à 4 000 € qui n'apparaît sur aucun devis initial.
Avant de signer avec le lieu, et pas après, vérifiez avec le propriétaire :
- La puissance électrique disponible et le nombre de prises 16 A. Les fours et les cellules de refroidissement consomment beaucoup, et un disjoncteur qui saute à 20 h 30 est un souvenir dont on se passerait.
- L'accès en eau potable et l'évacuation.
- La possibilité d'installer une cuisine mobile, avec la surface plane nécessaire.
- L'accès camion : largeur du chemin, portance du sol par temps de pluie, distance entre le déchargement et la salle.
- Les horaires autorisés, notamment les limites sonores après une certaine heure.
- L'obligation ou non de passer par un traiteur référencé.
Le mieux reste d'organiser une visite technique avec le traiteur pressenti. Un professionnel sérieux la propose spontanément. C'est d'ailleurs un excellent indicateur.
Critère 6 : la gestion des régimes alimentaires et des enfants
Les menus enfants se facturent en général entre 35 et 50 % du tarif adulte, avec une limite d'âge à préciser (souvent 12 ans, parfois 10). Vérifiez ce qu'ils contiennent réellement, et s'ils incluent une boisson.
Les menus prestataires, eux, sont oubliés dans neuf devis sur dix par les futurs mariés. Photographe, vidéaste, DJ, wedding planner, parfois un musicien : cela fait vite 4 à 6 repas supplémentaires, facturés entre 25 et 45 € chacun. Ils sont contractuellement dus dans la plupart des cas, et il vaut mieux l'anticiper que le découvrir sur la facture finale.
Sur les régimes particuliers, posez trois questions. Combien d'options le traiteur accepte-t-il sans surcoût (végétarien, sans gluten, sans lactose, halal) ? Y a-t-il un supplément au-delà d'un certain nombre ? Et surtout : jusqu'à quelle date peut-on ajuster ?
Sur les allergies sévères, exigez une réponse précise sur la gestion des contaminations croisées en cuisine. Un traiteur qui répond « oui oui, on gère » sans détailler ne gère probablement pas.
Dernier point, la date de communication des effectifs définitifs : elle tombe généralement entre 10 et 21 jours avant. Notez-la dans votre agenda dès la signature.
Critère 7 : la dégustation, les références et la preuve de qualité
La dégustation est le seul moment où vous goûtez avant de payer 8 000 €. Elle mérite d'être prise au sérieux.
Les pratiques varient : offerte, payante mais déductible en cas de signature, payante sans conditions. Toutes sont défendables. Ce qui compte, c'est de savoir combien de personnes sont conviées (souvent 2, parfois 4 avec les parents), combien de plats sont présentés, et si la dégustation a lieu avant ou après le versement de l'acompte. Avant, idéalement. Après, c'est un peu tard pour changer d'avis.
Au-delà de l'assiette, quelques marqueurs fiables :
- Des avis récents et circonstanciés. Un avis utile mentionne une date, un lieu, un nombre d'invités, un plat. Vingt avis cinq étoiles publiés la même semaine, en revanche, racontent surtout autre chose.
- Des photos de prestations réelles. Demandez à voir des clichés du dernier été, avec les vrais dressages, dans de vrais lieux. Les visuels de banque d'images se repèrent vite.
- Des références de lieux. Un traiteur implanté connaît les domaines de son secteur, leurs contraintes, leurs régisseurs. Il vous les cite sans hésiter.
- Une attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle en cours de validité. Demandez-la. Elle se fournit en trente secondes quand elle existe.
- Un numéro SIRET actif et une ancienneté cohérente avec le discours commercial.
Les signaux d'alerte
Certains éléments doivent faire reposer le stylo. Un refus catégorique de dégustation, y compris payante. Un devis global sans détail ligne à ligne, du type « prestation mariage : 9 800 € TTC ». Une absence d'attestation d'assurance, ou une attestation périmée. Une indisponibilité pour une visite technique du lieu, alors que celui-ci est réputé compliqué.
Ajoutez-y les réponses systématiquement vagues aux questions écrites, la pression à signer vite (« j'ai une autre demande sur votre date »), et l'exigence d'un acompte de 50 % dès le premier rendez-vous. Rien de tout cela n'est rédhibitoire pris isolément. Deux signaux ensemble, c'est déjà beaucoup.
Critère 8 : les conditions contractuelles et l'acompte
Le devis signé vaut contrat. C'est un document qui vous engage tous les deux, et il mérite une lecture attentive, y compris les mentions du bas de page.
L'acompte se situe classiquement entre 20 et 30 % à la signature, avec un deuxième versement quelques mois avant, et le solde entre 8 jours avant et le jour même. Un acompte supérieur à 40 % dès la première signature mérite une discussion.
Les points à vérifier ligne à ligne :
- La date limite de communication de l'effectif définitif, et la marge de variation acceptée. Beaucoup de contrats prévoient une variation libre de plus ou moins 10 %, au-delà de laquelle la facturation est figée sur l'effectif annoncé.
- La clause d'annulation. Que perd-on en annulant à 6 mois ? À 3 mois ? À 15 jours ? Les échelles varient énormément d'un professionnel à l'autre.
- La clause de report. L'épisode 2020-2021 a laissé des traces, et les contrats sérieux prévoient désormais un report sans pénalité en cas de force majeure. Vérifiez la définition retenue.
- L'indexation tarifaire. Si le mariage a lieu à plus de 12 mois, une clause de révision est fréquente. Faites-la plafonner : « révision limitée à 3 % maximum » est une formulation qui passe très bien en négociation.
- L'assurance annulation mariage, souscrite de votre côté. Autour de 150 à 300 € pour une couverture qui rembourse les acomptes en cas de maladie, décès ou accident. Sur un budget global de 20 000 €, la question se pose sérieusement.
Et une évidence qui n'en est pas toujours une : gardez tous les échanges écrits. Un mail qui confirme « oui, le fromage est bien inclus » vaut mieux que le meilleur des souvenirs.
Le tableau comparatif : mettre les devis face à face
Reprenez les 8 critères, une ligne chacun, une colonne par prestataire. Puis ajoutez les sous-lignes chiffrées :
- Périmètre : vin d'honneur, dîner complet, pièce montée, brunch
- Formule de service retenue
- Personnel : nombre, horaires, coût total, heures sup estimées
- Boissons : modèle retenu, coût total estimé
- Matériel et logistique : vaisselle, mobilier, déplacement, déchets
- Enfants et prestataires : nombre de couverts, coût
- Dégustation : payante ou non, déductible ou non
- Contrat : acompte, annulation, indexation
Et tout en bas, la seule ligne qui compte vraiment : coût complet par convive, tout compris. Total général divisé par le nombre d'adultes.
Comment interpréter les écarts ? Un écart de moins de 10 % ne dit pas grand-chose : il rentre dans la marge d'appréciation, et le choix se fera sur la dégustation, le courant qui passe, la réactivité. Entre 10 et 25 %, cherchez la contrepartie : elle est presque toujours dans le personnel, dans le nombre de pièces ou dans la qualité des produits. Au-delà de 25 %, quelque chose ne colle pas, et c'est le moment de reprendre le devis point par point avec le prestataire.
Le moins cher n'est pas forcément à écarter. Il faut juste comprendre pourquoi il est moins cher.
Le rétroplanning : quand contacter et signer son traiteur
Le calendrier réaliste, pour un mariage en haute saison :
12 à 18 mois avant. Présélection de 4 à 6 prestataires, premiers échanges, demandes de devis. C'est aussi le moment où le lieu se bloque, et les deux décisions sont liées.
10 à 12 mois avant. Dégustations, visites techniques du lieu, retraitement des devis sur base commune.
9 à 12 mois avant. Signature et versement du premier acompte.
3 à 4 mois avant. Point d'étape : ajustement du menu, choix définitif des vins, validation du plan de table avec le maître d'hôtel.
15 jours avant. Communication de l'effectif définitif et solde.
Un mot sur la tension des dates. Les samedis de mai, juin et septembre partent souvent 14 à 18 mois à l'avance chez les traiteurs bien référencés. Si votre date tombe dans cette fenêtre, la présélection ne peut pas attendre. À l'inverse, un mariage en mars, en novembre ou un vendredi laisse beaucoup plus de souplesse, et parfois une marge de négociation appréciable.
Les erreurs les plus fréquentes des futurs mariés
Choisir au prix affiché. On l'a vu, c'est l'erreur mère, celle qui produit toutes les autres.
Oublier les prestataires dans le comptage. Cinq repas non anticipés, c'est 200 € de plus, et surtout une négociation désagréable la semaine du mariage.
Négliger les contraintes techniques du lieu. Le coup de la puissance électrique insuffisante arrive plus souvent qu'on ne le croit. Il se règle en amont pour 200 €, et le jour J pour beaucoup plus, quand il se règle.
Signer sans dégustation. Même avec un traiteur excellemment noté. Les goûts sont personnels, et une cuisine qui plaît à tout le monde peut ne pas vous plaire à vous.
Sous-estimer la fin de soirée. Les heures supplémentaires de personnel, le rangement, l'évacuation des déchets : trois lignes qui n'existent pas dans l'imaginaire du mariage, et qui existent très bien sur la facture.
Ne pas relire les conditions d'annulation. On signe dans l'euphorie, on lit dans l'urgence. L'ordre inverse est plus confortable.
Se fier à l'oral. « On avait dit que… » ne pèse rien face à un devis signé. Tout ce qui est convenu doit être écrit, même les petites choses, surtout les petites choses.
Questions fréquentes
Quel budget prévoir par personne pour un traiteur de mariage ?
Les fourchettes observées en France, tout compris (vin d'honneur, dîner, boissons, personnel, matériel) : 60 à 85 € par personne pour une formule simple ou un buffet, 90 à 130 € pour un service à l'assiette classique, 140 à 200 € et plus pour une prestation haut de gamme avec produits nobles. Ces montants varient sensiblement selon les régions : comptez 20 à 30 % de plus en Île-de-France, sur la Côte d'Azur ou dans les zones très touristiques. Le bon réflexe reste de raisonner en coût complet, pas en prix de menu.
Faut-il choisir un traiteur imposé par le lieu de réception ?
Beaucoup de domaines travaillent avec une liste de traiteurs référencés, parfois exclusive. Ce n'est pas nécessairement un mauvais signe : ces professionnels connaissent le lieu, ses cuisines, ses contraintes d'accès, et les mauvaises surprises logistiques y sont rares. En contrepartie, la concurrence joue moins et les tarifs sont souvent un cran au-dessus. Demandez systématiquement si la liste est obligatoire ou simplement recommandée, et s'il existe une redevance pour faire entrer un traiteur extérieur. Cette redevance, quand elle existe, se situe fréquemment entre 500 et 1 500 €, ce qui suffit à annuler l'intérêt de l'opération.
Peut-on négocier un devis de traiteur ?
Oui, mais rarement sur le prix affiché du menu. La négociation porte plutôt sur les à-côtés : dégustation offerte, menus enfants alignés, frais de déplacement plafonnés, brunch du lendemain à tarif préférentiel, upgrade de champagne. Vos leviers réels sont une date creuse (vendredi, dimanche, basse saison), un effectif important, et une réservation très en avance. Présenter un devis concurrent détaillé fonctionne aussi, à condition de le faire correctement : « voici ce que propose un confrère à périmètre identique, pouvez-vous vous aligner sur ce point précis » passe bien mieux qu'un marchandage frontal.
Combien de temps à l'avance faut-il réserver ?
Neuf à douze mois avant constitue la norme confortable. Pour un samedi de juin ou de septembre, visez plutôt 12 à 18 mois, car les meilleurs prestataires de chaque secteur bloquent leurs dates très tôt. Hors saison ou en semaine, six mois suffisent souvent. Un délai plus court n'est pas impossible, mais il réduit le choix et supprime toute marge de négociation.
Que se passe-t-il si des invités se désistent au dernier moment ?
Tout dépend de votre contrat. La règle la plus répandue : l'effectif communiqué à la date limite (généralement 10 à 21 jours avant) sert de base de facturation, avec une tolérance à la baisse de 5 à 10 %. Au-delà, les repas sont dus, parce que les denrées sont achetées et le personnel réservé. À la hausse, la plupart des traiteurs acceptent quelques couverts supplémentaires jusqu'à 48 ou 72 heures avant, au tarif contractuel. Faites préciser ces deux marges avant de signer : c'est une clause qui ne coûte rien à négocier à froid, et beaucoup à découvrir à chaud.
Conclusion
Le meilleur traiteur de mariage n'est pas le moins cher. Ce n'est pas non plus le plus cher, d'ailleurs. C'est celui dont le devis ne réserve aucune surprise, celui qui a répondu par écrit à vos questions gênantes, celui qui a accepté de venir voir le lieu avant de s'engager.
Les 8 critères passés en revue ici forment une grille de lecture, pas une checklist administrative. Périmètre, formule de service, personnel, boissons, matériel, régimes particuliers, preuves de qualité, conditions contractuelles : reprenez-les devis par devis, ramenez tout à un coût complet par convive, et le choix devient beaucoup plus simple qu'il n'y paraissait au départ.
Une dernière chose. Le jour du mariage, personne ne se souviendra du prix du menu. En revanche, tout le monde se souviendra d'avoir attendu quarante minutes entre le plat et le dessert. C'est exactement ce que cette grille sert à éviter.
Envie d'un devis détaillé, ligne à ligne, adapté à votre lieu et à votre nombre d'invités ? Contactez-nous pour échanger sur votre projet et organiser une dégustation.